samedi 23 novembre 2013

0 Nox - Yves Grevet

Il y a quelques temps, une de mes collègues m'avait prêté Méto et j'avais bien aimé malgré une fin un peu décevante à mon goût.

En me baladant à la médiathèque la semaine dernière, il y avait, en tête de gondole (je doute qu'on parle de tête de gondole en bibliothèques, mais c'est le seul terme qui me vient, donc...), les deux tomes de Nox. Attirée par la couverture, j'ai ensuite réalisé que je connaissais cet auteur. C'est donc avec impatience que j'ai ouvert le premier tome.

Cette chronique rassemble mes impressions sur les deux tomes, mais je les sépare quand même. Donc ne lisez mes impressions sur le 2e tome que si vous avez lu le premier (ou à vos risques et périls).

Nox, tome 1 : Ici-bas.
Dans une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque – la nox –, les hommes sont contraints de pédaler ou de marcher sans cesse pour produire leur lumière. Comme l’espérance de vie y est courte, la loi impose aux adolescents de se marier et d’avoir un enfant dès l’âge de dix-sept ans. Lucen a peur de perdre celle qu’il aime, la rebelle Firmie, qui refuse de se plier à la règle. Il sent aussi ses meilleurs amis s’éloigner de lui. L’un d’eux, Gerges, s’apprête à rejoindre la milice qui terrorise les habitants, un autre, Maurce, un groupe hors-la-loi. C’est l’heure pour Lucen de faire des choix qui détermineront toute son existence. Au même moment, dans des territoires épargnés par la nox, la jeune Ludmilla ne se résigne pas au départ forcé de Martha, la gouvernante qui l’a élevée, injustement renvoyée par son père. Elle décide de tout tenter pour la retrouver.

Comme pour Méto, j'ai tout de suite été happée par l'atmosphère. Yves Grevet a un don pour nous entraîner dans son monde dès les premiers mots.  Pourtant, les descriptions ne sont pas extrêmement détaillées ni omniprésentes, mais on est immédiatement mis dans l'ambiance.

Le récit se compose d'une alternance de chapitre, chacun nous présentant le point de vue d'un des trois personnages principaux : Lucen, Gerges et Ludmilla. Chacun de ces chapitres est écrit à la 1e personne, ce qui, comme dans Méto, ne m'a pas gênée (il faut croire que Grevet sait comment me faire accepter la narration à la 1e personne). Néanmoins, le récit est écrit au présent ce qui en revanche ne m'a pas beaucoup plu. Il y a quelque chose de froid et de très factuel dans les récits au présent qui me déplaît fortement, et ça crée forcément une distance. Ca ne m'a pas gênée plus que ça dans ce 1er tome (mais ça a été problématique dans le 2e).

Chacun des personnages est intéressant et a sa personnalité propre, mais je dois avouer une préférence pour Lucen : c'est celui qui est le plus attachant. Gerges est empêtré dans ses obligations familiales et a du mal à réfléchir par lui-même, ce qui le rend assez antipathique malgré ses quelques vélléités de faire le bien. Ludmilla quant à elle est un pantin qui se laisse entraîner et manipuler et je trouve dommage qu'on en apprenne pas davantage sur elle et sa famille.

J'ai vraiment aimé la description de la société en place et si, comme souvent dans ce genre de livre, les circonstances qui ont mené à la nox et à cette ségrégation ne sont pas expliquées, je n'ai pas ressenti de manque : c'est la force de Grevet de planter un décor qui ne demande pas forcément de contexte (si je pense à Hunger Games par exemple - c'est d'actualité - j'ai eu pendant toute ma lecture l'envie irrépressible d'en savoir plus sur l'avant, et j'ai forcément été déçue).

Un premier tome vraiment intéressant que j'ai dévoré dimanche dernier et qui m'a donné envie de me plonger dans le tome 2 immédiatement.

Nox, tome 2 : Ailleurs
Un héros condamné aux travaux forcés dans la forêt pourrissante, dont nul n'a jamais pu s'échapper.
Une jeune fille enceinte qui attend le retour du garçon qu'elle aime et se voit proposer un effroyable marché.
Deux amis devenus ennemis, à qui il a manqué le temps de s'expliquer.
Une adolescente de la ville haute qui devient agent double contre son gré.
Des personnages qui se croisent sans toujours se reconnaître et, tout au bout du chemin, l'espoir d'une vie meilleure...

Si le tome 1 est proche du coup de cœur, le tome 2 est une petite déception.

L'atmosphère est toujours plantée et on y croit toujours. Néanmoins, malgré les interventions de Firmie (que j'apprécie infiniment plus que Ludmilla, qui décidément m'a semblée creuse), je n'ai pas été aussi captivée.

Comme je vous le disais au-dessus, le récit qu présent qui ne m'avait pas gênée dans le tome 1 m'a vraiment contrariée dans le tome 2, mais honnêtement, je ne sais pas à quoi ça tient.

Quant à l'histoire en elle-même, j'ai trouvé ça un peu trop facile. Tous les protagonistes se croisent de multiples fois quand ils le devraient, ce qui fait qu'à la fin ce n'est même plus une surprise.

Comme pour Méto, la fin gâche un peu mon plaisir ici. Dommage.

Ce qui ne veut pas dire que je ne conseille pas cette série : au contraire.

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