vendredi 22 mars 2013

8 cmavie.com #2

Vendredi, c'est ma vie :)

Prêts pour ma petite rubrique égocentrique de la semaine ? C'est parti.


Comme je vous le disais hier, je suis en pleine crise existentielle (où vais-je, où cours-je, dans quel état j'erre, ce genre de choses...).

Vous le savez, je suis une citadine. Et vous le savez aussi certainement, parce que je le dis suffisamment (irl, sur FB, sur LA), je n'aime pas DU TOUT l'endroit où je vis. L'hiver a été très dur émotionnellement, parce que je l'ai passé dans la solitude, l'isolement et l'ennui. Pendant 2 mois, dès que je rentrais chez moi, je pleurais. Parfois même pendant que je faisais ma séance de sport. Du coup, quand en plus au boulot ça n'allait pas fort, ça n'arrangeait pas mon moral.

Ce qui n'aide pas, c'est que je me suis sentie "abandonnée" par mes proches, qui ne comprenaient pas que je puisse être mal, qui me demandait constamment "mais qu'est-ce que tu as ?" comme si ce que je vivais n'était pas suffisamment pénible et qu'il fallait que j'aie une "vraie" raison de ne pas aller bien. Et la cerise sur le gâteau a été de m'entendre dire, par quelqu'un qui a tout, qu'elle comprenait ce que je ressentais parce qu'elle avait aussi parfois cette angoisse. WHAT?! Je n'ai pas répondu, parce que je crois que j'aurais été très désagréable sur le coup.

C'est encore plus difficile de se rendre compte de cet isolement quand on voit que tout le monde avance dans sa vie : entre les annonces de mariage, les annonces de bébés (en 2 mois, j'ai dû en avoir une 15aine - j'avoue que j'ai fait en sorte que certaines personnes n'apparaissent plus sur mon flux FB tellement j'en avais marre de voir des statuts et des photos en rapport avec les grossesses), les annonces d'achat immobilier, je me suis demandée où était ma place. Et je me suis encore une fois rendue compte à quel point je suis socialement inadaptée. Et d'un autre côté, voir certaines personnes se plaindre d'être loin de tout quand leur famille, leurs amis, la ville, la mer est à 30 minutes maxi, ça me donnait aussi un sacré coup au coeur. Bref, j'allais pas bien du tout, et tout me blessait.

Pendant les vacances, je me suis occupée de moi. Je me suis reposée, j'ai fait du sport, j'ai fait attention à ce que je mangeais, j'ai joué aux Sims, j'ai lu, je me suis reposée mentalement, j'ai coupé tous les éléments extérieurs qui me faisaient du mal... et vraiment, ça m'a fait du bien. Je suis retournée au travail à reculons, certes, mais plus sereine.

Deux semaines après la reprise, je ne suis plus aussi sereine, mais pour un tout autre motif (enfin tout est quand même lié). Dimanche, j'ai passé une bonne partie de l'après-midi à regarder les offres d'emploi qui pourraient me convenir.

Je sais depuis le début que je ne ferai pas ce métier toute ma vie. J'adore préparer mes cours (je choisis toujours des sujets qui me plaisent), et j'avoue que quand j'ai des cours parfaits, je ressors complètement regonflée. Mais ces moments-là sont rares. La plupart du temps, je suis frustrée. Par le manque de culture de mes olives, par leur manque de curiosité, par leur manque d'implication dans le travail, par le manque de considération  générale, par la charge de travail que je m'impose mine de rien, par le fait que les moments où je décroche VRAIMENT sont rares. Et j'en viens à regretter mes anciennes "carrières". J'en viens à regretter les emplois où quand on rentre chez soi, on est vraiment sorti du travail.

Et puis, ma mutation dans une autre académie m'ayant été refusée (pas assez de points), je sais qu'il me faudra environ 4 ans pour partir d'ici. je n'ai pas 36 solutions pour partir plus vite, j'en ai 2 :
- demander une académie que je ne veux pas (genre Créteil ou Versailles)
- démissionner et chercher autre chose.

J'en reviens donc à dimanche : je cherchais autre chose. Et j'ai trouvé quelque chose qui m'intéressait. Et j'hésite à postuler. Parce que je ne sais pas comment ça fonctionne pour partir dans cette administration. Parce que le budget me retient. Mais l'envie est de plus en plus forte.

Quant à choisir une autre académie... j'hésite vraiment aussi. D'autant que si je partais en région parisienne, j'aurais des amis. Le boulot serait très dur, certes. Gérer le budget le serait encore plus, et je serais obligée de sacrifier au moins 30m² dans mon espace de vie. Mais les musées, le théâtre, les magasins, les boutiques, les parcs et jardins, LA VILLE !!! Vous n'avez pas idée à quel point voir ne serait-ce qu'une photo d'une ville me fait mal au coeur.

Beaucoup de gens ici ne comprennent pas que je ne puisse pas apprécier de vivre ici, ni ce que je peux bien trouver à la ville, la vraie. Certains me disent même qu'ici, si on veut, on peut faire plein de choses.  Mais je suis paradoxale : ce que j'aime aussi dans la ville, c'est la possibilité de faire plein de choses dans l'anonymat le plus complet. Ici, il y a tellement peu de monde, que si tu vas quelque part, t'es obligé de tomber sur qq1 que tu connais. Or, ces quelqu'uns que je connais, si je ne les vois pas quand j'en ai envie, c'est que j'ai pas forcément envie de les voir quand j'en ai pas envie. Vous me suivez ? Je souffre de la solitude, mais vraiment ce que je veux, c'est pas des nouveaux gens, c'est mes gens. C'est pas si difficile à comprendre si ? (bon après, évidemment, je ne suis pas contre l'idée de rencontrer des gens nouveaux, hein...)

Alors du coup (je crois que je me perds un peu, j'espère que vous suivez), j'ai pas beaucoup de solutions : si je veux retourner à la ville avant d'être vieille et décatie... vous savez ce qu'il me reste à faire.

Là vous vous dites : oui, bon d'accord. Mais encore ? Le nouvel élément, c'est que les mut intra (à l'intérieur de l'académie) sont ouvertes depuis hier. En ce moment, je suis Tézèdèreuh, en gros, super remplaçante de l'EN pour ceux qui ne connaissent pas. Donc j'ai pas de poste à moi et on me met là où on trouve une place. Pour l'année prochaine, on voulait (mes collègues et moi) que je reste sur le même poste. Sauf que ce poste passe au mouvement. Donc, je vais virer.

Voici donc mon problème : si je demande ce poste, je ne serai plus dans une situation aussi précaire au niveau du boulot parce que chaque année, je saurai où je vais, je n'aurai pas besoin de recommencer à m'imposer chaque année dans un nouvel établissement, je peux avoir un peu de pouvoir de décision sur mes classes, mon edt... MAIS, comme j'aurai utilisé mes points, pour l'inter (changer d'aca), je n'aurai plus rien. Et donc ça veut peut-être dire rallonger mon temps ici.

MAIS, si je ne demande pas ce poste, ou si je ne l'ai pas, il y a de fortes chances que j'obtienne un poste pour l'année pro dans un bled paumé, là-haut dans la montagne, desservi par une route impraticable par qq1 qui n'est pas du coin, ce qui pourrait potentiellement m'obliger à déménager encore pour m'enfermer dans le vrai du vrai trou du cul du monde. Vous imaginez à quel point cette perspective me déplaît.

Je ne sais vraiment pas quoi faire. J'ai appelé ma maman hier, et elle m'a encore plus embrouillée (mais, le point positif, c'est que c'est quasiment la première fois qu'on a une vraie discussion sérieuse et ça m'a fait tellement de bien, vous n'imaginez pas à quel point).

Donc voilà, je ne sais vraiment pas quoi faire. Ma première impulsion a été de demander le poste (d'ailleurs, mon voeu a été enregistré, mais j'ai jusqu'au 2 avril pour le modifier), quitte à demander une autre aca l'année prochaine. Atra, sachant ce que tu sais sur ton aca, que me conseillerais-tu ? Penses-tu que j'aie les épaules pour y aller ?

Pour les autres, si vous avez des éléments, n'hésitez pas. Si vous avez des arguments aussi pour me convaincre (ou au contraire) m'encourager à changer de carrière, partagez-les. Je ne sais vraiment pas quoi faire. Je sais que je suis appréciée par les olives et par mes collègues, mais j'ai souvent l'impression d'être un imposteur et de ne pas mériter les compliments que je reçois. Then again, c'est vrai dans n'importe quel domaine de ma vie donc...

Là, au moment où j'écris ces lignes, je me dis que je vais demander le poste, et l'année pro demander la RP. Sauf si je n'ai pas le poste, dans ce cas je continuerai à demander Nantes et Poitiers. Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah je ne sais pas quoi faire !!!!

Help ?!

8 companion(s) so far:

Mypianocanta a dit…

Puisque "Help !" quelques mots (fais-en ce que tu voudras car ce n'est pas la panacée).
1 - bilan de ton boulot actuel (hors ville ou contexte perso) :
a- tu fais la liste des tâches (avec le temps si tu veux) qu'implique le travail et tu les classes en "j'aime" et "j'aime pas".
b- avantages/inconvénients et
c- tu fais les comptes. Si les colonnes "j'aime" et "avantages" sont plus lourdes que les autres, continue et alors pose-toi la question d'un changement d'académie. Si non passe au 2

2 - en sortir : OUI les contraintes sont super lourdes mais il y a des mesures d'urgence ET si tu as un autre boulot OSEF !
En clair, si tu vois quelque chose qui t'intéresse vraiment (peut-être faire le bilan précédent) là où tu veux : postule !!! ça ne te coûte rien. Et si tu es prise, tu démissionnes à ce moment-là en indiquant qu'à telle date tu ne viendras plus (et démerdassek l'administration avec ça… de totue façon si tu ne viens plus le problème est réglé). D'où

3- pose-toi et réfléchis calmement en écrivant. Puis fonce !
Bon courage à toi. Bises

Miss Bunny a dit…

Je vais suivre ton conseil, je te dirai :)

Chasse-mouche a dit…

Je ne pourrai pas mieux dire que Mypianocanta. Et effectivement, postule pour l'offre tu n'as rien à perdre. A partir du moment où tu te poses toutes ces questions, c'est que tu es "prête" au changement. Si cette offre te plaît vas-y fonce.
Pour ce qui est des mutations, vu que je ne suis pas dans le système je ne comprends pas trop le principe. Je sais que tu es malheureuse dans ta région paumée, alors en appliquant le conseil de Mypianocanta tu verras déjà plus clair.
Te rapprocher de Paris et donc jouir de tous ces avantages mais en même temps le niveau de culture de tes futurs olives sera mille fois pire que celui de tes olives actuels. Ou rester où tu es.

Atrab' a dit…

J'vais t'écrire un mail :)

LittleMiss a dit…

J'ai voulu me donner la journée pour réfléchir à ton dilemme. mais au final, suis pas sûre d'avoir une réponse claire à te donner.

C'est une décision tellement personnelle et qui t'engagerait pour plusieurs années quelque soit ton choix final, que c'est très difficile de donner un avis vraiment objectif.

Mais Mypianocanta a raison, le mieux est de peser le pour et le contre, les avantages et les inconvénients, ce que tu aimes ou pas pour t'aider au mieux. Mais quelle que soit ta décision, il faut avant tout qu'elle vienne de toi pour que ce soir la bonne.

Je ne t'aide pas beaucoup, je sais, mais je pense à toi, je me doute que ce n'est pas un moment facile.

Miss Bunny a dit…

Merci les filles. Je suis presque arrivée à une décision aujourd'hui, mais je me connais, je peux changer d'avis encore... et en un an, tout peut arriver (dit la fille à qui il n'arrive JAMAIS rien)

Blacksad a dit…

Quel que soit tes doutes, tes envies, tes choix tu sais que je suis avec toi...
Bisous!

Miss Bunny a dit…

<3 BISOUS (et merci de passer encore par là^^)

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