dimanche 15 janvier 2012

12 World Trade Center 47e étage - Bruno Dellinger

" La souffrance à l'état pur m'habite. [..] Le soleil de septembre réchauffe mes muscles et mon visage endoloris : je n'arrive pas à y croire. Je fais l'expérience d'une horreur que je ne souhaite pas à mon pire ennemi : celle de la mort vivante. ". Temps new-yorkais : soleil et ciel bleu. Le 11 septembre 2001 au matin, Bruno Dellinger se rend à son travail, comme d'habitude. Comme d'habitude, il rentre dans l'immense hall du World Trade Center, insère son pass électronique, prend l'ascenseur et accède au 471 étage où se trouve sa société. Soudain, un choc d'une violence inouïe ébranle le bâtiment. Un premier avion s'écrase sur une des deux tours. Un autre ne tardera pas à pulvériser la seconde. Ce n'est pas seulement le World Trade Center qui disparaît, mais aussi la confiance en l'humain. Un récit incontournable sur un événement qui a changé la face du monde.


Je suis tombée sur ce livre par hasard, lors d'une bourse aux livres, et j'ai tout de suite été tentée : j'aime les USA depuis toujours, et cet épisode de leur histoire me touche beaucoup. Lorsque j'ai visité New York en 2005, j'ai été bouleversée par le site du WTC, de voir les immeubles alentour encore en l'état, les vitres soufflées, la chapelle de l'autre côté de la rue décorée par les hommages du peuple américain.

L'événement en lui-même occupe peu de place dans ce livre, tout va très vite. Ce qui importe ici c'est plutôt l'état d'esprit de ce survivant, et sa reconstruction après un événement de cette ampleur qui influe autant sa vie.

On trouve également dans ce livre une comparaison pertinente des modes de pensée et de fonctionnement américain et européen. J'ai d'ailleurs relevé un passage qui me parle particulièrement :
Ce qui différencie l'Amérique du reste du monde, c'est que, peut-être pour la première fois dans l'humanité, un peuple a créé une organisation sociale qui n'est plus fondée ni sur l'ethnie, ni sur la naissance, ni sur la religion, ni sur l'appartenance à un sexe plutôt qu'à un autre, ni sur les castes, ni sur l'histoire. Une utopie qui tente de se débarrasser de ces Janus à double face, tantôt ange, tantôt démon, qui plongent comme l'Ancien Monde leurs racines dans l'aube des temps. On est reparti de zéro et dans cette nouvelle société, cette société moderne, tous les repères traditionnels, dits ou non dits, de l'Ancien Monde s'écroulent donc. C'est à ne compter que sur notre valeur individuelle que Victoria et moi avons dû nous adapter.
p. 148


En revanche, je n'ai pas été séduite par le style de l'auteur. Je l'ai trouvé par moments très emphatique, et pas toujours sur des détails vraiment intéressants (comme lorsqu'il déplore la perte de son bambou, écrasé avec le reste de son bureau). J'imagine que lorsqu'on est victime d'une telle catastrophe, des détails incongrus nous reviennent parfois en mémoire pour y rester, mais je cherche encore l'intérêt d'une telle remarque.

Et j'avoue avoir eu la plus grande difficulté du monde à finir les 30 dernières pages. D'ailleurs, moins d'une heure après, je ne me souviens plus de quoi ça parle.

J'étais intéressée de lire l'histoire d'un survivant, mais quelque part, cet homme était un privilégié avant l'attaque, PDG de son entreprise, et garde certains réflexes de privilégiés. Je crois que j'aurais préféré lire l'histoire de quelqu'un plus proche de moi : un simple employé, par exemple.

Une déception donc.

Livre lu dans le cadre de :


Et n'oubliez pas le concours !!

12 companion(s) so far:

Minifourmi a dit…

Etant donné ce que tu en dis, j'avoue n'être pas grandement tentée par cette lecture! Bon, faut bien avouer qu'en plus, je n'ai pas une grande estime pour les Etats-Unis. Donc...

Ta lecture est notée! Et merci pour cette nouvelle participation. ^^

mimi a dit…

Un livre que j'ai beaucoup apprécié pour la qualité,du témoignage. Il ne se voulait pas une oeuvre littéraire, mais un point de vue d'un homme ayant vécu les évènements en direct.Il n'a pas à mon avis des réflexes de privilégiés, mais ds réflexes typiquement américains et new-yorkais, qui veut que l'on se relève, malgré tout, on ne s'écroule pas devant l'adversité, mais on en tire les leçons pour être plus fort...C'est la condition, pour réussir professionnellement aux USA .

Miss Bunny a dit…

Minifourmi > de rien :)

mimi> je suis d'accord avec toi sur l'état d'esprit américain. Mais ce à quoi je faisais référence, ce sont plutôt ses remarques sur le manteau de vison de sa femme, ce genre de choses, que j'ai trouvées déplacées dans un contexte comme celui-ci. Il a effectivement tiré son épingle du jeu pour arriver là où il en était à l'époque des attentats, et je ne peux que l'admirer pour ça.

XL a dit…

dommage, le titre et le début de ton commentaire m'avait donné envie de le chercher

julia a dit…

Rien que la couverture me redonne des frissons... j'aime beaucoup lire les livres qui abordent le sujet du 11 septembre, dommage qu'il ne t'ait pas plu

sofynet a dit…

Un livre qui est dans ma PAL depuis longtemps, que je compte bien lire. J'ai un peu peur d'avoir un avis mitigé aussi, mais bon...
Hop, billet ajouté !

Miss Bunny a dit…

XL > mais d'autres l'ont aimé, alors peut-être qu'il te plaira

julia > moi aussi la couverture me donne des frissons.

sofy > j'ai hâte de lire ton avis alors !

isallysun a dit…

C'est moi ou c'est la proximité qui fait que je ne pense pas qu'il ait été privilégié. Somme toute, je crois que l'attitude "on doit se relever" est nord-américaine. Cependant, je ne suis pas très témoignage et peut-être que Dellinger mettait ses réflexions pour faire plus réaliste!

Miss Bunny a dit…

"peut-être que Dellinger mettait ses réflexions pour faire plus réaliste! " c'est ce que je pense aussi, mais ça m'a gênée quand même

calypso a dit…

Dommage, ça aurait pu me tenter !

Merci d'avoir participé à cette session ! :)

Miss Bunny a dit…

de rien ;)

Aidoku a dit…

Tu fais d'une pierre cinq coup. Bien joué. ^^
J'aurai pu être attiré par ce livre, mais il aurait fallu que ton avis soit plus positif.

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