mercredi 13 juillet 2011

2 Nos étoiles ont filé - Anne-Marie Revol

"Mes étoiles filantes,
C'est étrange... Dans le vocabulaire courant, quand on perd son père, sa mère, ou ses deux parents, on dit qu'on est "orphelin". Quand on perd sa femme, on dit qu'on est "veuf". Ou "veuve", quand c'est son époux. En revanche, quand on perd ses enfants, on ne dit rien. Il n'y a pas de mot pour désigner cet état."

Ça ne devrait pas être de la littérature, ça ne devrait même pas être un livre. Mais comme tout cela n’aurait pas dû arriver, un texte a été écrit, des lettres adressées à deux petites filles, deux étoiles filantes, aujourd’hui et depuis bientôt deux ans disparues.
Fait divers atroce, disent les médias. Il n’y a pas de hiérarchie dans le malheur et, pourtant, en ce matin d’août 2008, la France entière se réveille sous le choc de la mort par incendie de deux enfants, moins de quatre ans à elles deux. On ne fait pas de livre avec ça, répétons-le, sauf si peu à peu le seul moyen de continuer à vivre consiste, grâce à des lettres d’une mère destinées à ses deux merveilles, à les réincarner jour après jour, à les faire précisément revivre.
Ce livre hors norme et hors catégorie est avant tout un livre d’amour pour ces deux princesses envolées, et pour leur père aimant, présent, auquel on va s’attacher page après page afin de comprendre l’incompréhensible : comment la force de ce couple aussi pur permet de se sauver.
Nos étoiles ont filé est un livre qui évite pathos et complaisance, qui hésite parfois entre rires et larmes, qui se distingue par son aspect unique, sinon ludique, et sa très saine incorrection. Pendant son écriture, un petit garçon est né du même amour. Le texte, cela n’étonnera personne, lui est dédié. Si la littérature ne sert à rien, elle aura au moins servi à cela.


Ce livre, c'est une formidable déclaration d'amour. Aux deux petites filles envolées, au mari et papa aimant, aux parents qui n'ont rien pu faire. C'est une incursion dans la vie de cette journaliste mais avec tellement de naturel qu'on ne se sent pas voyeur. Ce sont des lettres d'une tendresse infinie, mais aussi parfois d'une dureté implacable.

J'avoue que quelques détails m'ont agacée, ou gênée, je ne sais pas quel est le mot, mais par égard pour cette famille et le drame qu'elle a vécu, je les passerai sous silence.

Je reste quand même émerveillée de l'amour qui transparaît de ces pages, bien plus que la douleur d'ailleurs.

A lire avec une boîte de mouchoirs à proximité.

_________________________
Livre lu dans le cadre du

2 companion(s) so far:

Atrabilaire a dit…

J'ai eu la très bonne idée de lire ce livre à l'époque bofbof où je ne me sentais pas très funky : j'ai beaucoup pleuré. Ce livre m'a vraiment beaucoup touchée, émue. Et comme tu le dis, on ne se sent pas voyeur. Un livre d'amour.

Minifourmi a dit…

Oulala... Rien que la présentation du livre m'a noué la gorge et l'estomac! J'imagine bien le nombre de mouchoirs que l'on doit user à cette lecture.
Je le rajoute dans la liste du challenge!

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